samedi 28 octobre 2017

Que pensez-vous des bruyeroides? (Aster ericoides)

Pendant une ou deux semaines, chaque année, à l'automne, je me fais un film.
'Schneegitter'
Le décor: un bout de jardin ensoleillé constitué d'une terre bien argileuse et bien calcaire. Tout sauf une terre ombragée et acide, quoi.
Sauf que ma "caméra" intérieure, elle, ne voit qu'une chose: une magnifique bruyère arborescente.
Près de 2m de diamètre, un bon mètre de hauteur, blanche, un peu alanguie mais d'une élégance rare...
Franchement, l'illusion est (presque) parfaite, non? ;o))
Je ne m'en lasse pas.
'Schneegitter'
Faut dire que les bruyères, chez moi.... C'est bien simple, j'ai le choix entre Erica x darleyensis, Erica x darleyensis et Erica x darleyensis.
Même les Erica carnea se font seppuku, ici. Et je ne vous parle même pas des callunes, ces chochottes à trois sous  qui, même pas plantées, s'évanouissent déjà d'horreur dans leur pot rien qu'à voir ou à sentir la terre calcaire de mon jardin!
'Schneegeitter'
Alors une bruyère arborescente? Même pas en rêve! Non seulement elles sont allergiques au calcaire elles aussi, mais ce sont des grandes frileuses pour couronner le tout!
N'empêche. Pendant une à deux semaines, je profite à pleines mirettes de mon illusion d'optique! ;o)
Eh oui, ce n'est "qu" un Aster.
Un aster "bruyeroïde" , alias Aster ericoides.
Prostate form 'Snow Flurry'
Quoique.
Je refuse d'entrer dans les polémiques botaniques, c'est lassant, à  la fin.
Alors je vous livre, en vrac, une pleine brassée de noms, et vous pourrez choisir celui qui vous plait le plus!
Aster ericoïdes, donc.
Aster pilosum var. ericoides.
Aster pringlei.
Prostate form 'Snow Flurry'
Aster ericoides var. pringlei.
Aster pilosum var. pringlei.
Ou Symhyotrichum de l'un ou l'autre tonneau. Et j'en passe! A vot'bon coeur! ;o))
Ce qui est sûr, c'est que ce sont des américains du nord.
Des asters? Ahhh bon!!! Me direz-vous. On pourrait croire, du coup, comme l'affirment sans vergogne la majorité des sites de vente, que ce sont des plantes de culture hyper-facile!
Eh bien, je ne suis pas d'accord, cette fois. Ce ne sont pas les asters les plus faciles à cultiver, de mon point de vue.
Il leur faut du soleil, ça, on s'en doute.
'Dan Zinger'
Une terre pas trop pauvre, et pas trop sèche pour qu'ils soient au mieux, même s'ils sont assez tolérants.
Ils ne souffrent pas d'oïdium, un bon point pour eux!
Ils ont rarement besoin d'être tuteurés, en plus. Au pire, on les pince une ou deux fois au printemps, et encore...
En tous cas, pour les implanter, ça se passe généralement bien.
'Dan Zinger'
Mais pour les conserver longtemps, ça, c'est une autre affaire.
Mis à part le beau blanc à effet de bruyère en haut de l'article (Aster 'Schneegitter'), qui s'est  largement étalé et reste bien vigoureux depuis d'une dizaine d'années, j'ai eu bien plus de mal avec les autres.
Eux, il faut vraiment les nourrir, ou les déplanter pour renouveler ou amender leur terre. Sinon, pfft...N'a plus.  Les autres variétés d'asters, ici, ne posent pas ce problème.
'Pink Star'
Le bon côté, c'est qu'ils n’envahissent pas le jardin.
Le moins bon, c'est qu'il faut les surveiller pour qu'ils ne disparaissent pas.
Le "pire", pour moi, c'est le petit nain de la famille. Aster ericoides var prostate form 'Snow Flurry'.
'Cyrille'
Le rampant de la bande. Blanc, et 20 cm de  haut. Il s'était montré magnifique dans mon précédent jardin, protégé et à la terre bien drainante (les photos en sont de mélancoliques souvenirs...snif....).
Ici, dans l'argile lourde et humide? Pfff! Trois essais dans des endroits différents, trois échecs cuisants. Disparus au premier hiver. Il lui faut vraiment une terre hyper drainante, et surtout pas d'humidité stagnante. Croyez moi!
Le plus sympa de la famille? Pour moi, c'est 'Dan Zinger'. Une couleur vibrante, un port de roi sans intervention aucune (pas plus de 60cm de hauteur chez moi), et il fleurit un peu plus tard que la majorité de mes asters, et dure plus longtemps (il est encore en pleine bourre en ce moment, alors que j'ai commencé à nettoyer la plupart des classiques Novae-machin, pour éviter les semis).
Le "plussebeau", côté couleur? Ah... Mis  à part le beau Dan Zinger, pour moi, c'est sans conteste 'Blue Wonder'. Un bleu de chez Bleu. Aussi ravissant que... disparu au bout de 2 ans, hélas.
'Blue Wonder'
Faudra que je le retrouve. Mais je l'aurai, un jour, je l'aurai! ;o))
Et puis,  il y a les pastels de la famille:
En rose doux, 'Pink Star' est une valeur assez sûre.
En plus pâle encore, j'adore aussi le beau 'Cyrille', tout en camaieu layette certes, mais attendrissant en diable!
'Blue Butterfly'
En bleu pâle tirant sur le lavande, je vous recommande 'Blue Butterfly'.
Absolument craquant en compagnie d'un aster violet plus soutenu, par exemple.
Et toujours aussi peu malade.
Il est toujours là, au jardin, mais il a tellement maigri qu'il faudrait que je l'envoie en cure quelque part ailleurs dans le jardin.

Cependant, parmi toutes ces beautés bruyéroides, je dois dire que seul le beau et grand 'Schneegitter' du début me donne vraiment l'illusion d'être une bruyère.
'Blue Butterfly' et un aster N.A. violet
Déjà, une bruyère bleue, fut-elle arborescente, ça se saurait! ;o))...
Mais même le nouveau cousin de la famille, le célèbre 'Monte Cassino', blanc lui aussi bien sûr, en version "simple" ou "double", ne fait pas cet effet. Il est nettement plus raide que Schneegitter, c'est peut-être pour ça?
Monte Cassino, ici, c'est mon "gyspsophile d'automne". Rien de tel que quelques-unes de ses tiges pour alléger, brouillardiser, "vaporeusiser" le plus raide des bouquets de jardin!
'Monte Cassino' (simple)
Il n'y a pas longtemps qu'il a rejoint la famille des bruyéroides... son petit nom classique était Aster pringlei 'Monte Cassino'...
Simple ou double, ils auraient aussi bien besoin de partir en cure, chez moi: ils sont devenus tout maigrichons, l'ombre d'eux-même!
Mais il faut dire qu'ils sont là depuis plus de dix ans.
J'ai été obligée de fouiller mes archives, pour vous montrer  toutes ces beautés du temps de leur splendeur!
Il y a même, dans la famille, un aster...doré!
Un aster jaune, mis à part l'OGM du coin (le Solidaster), ce n'est pas courant!
Il est blanc, en fait, mais comme il a le cœur gros (pauvre petit! Une peine de cœur, peut-être? ;o))...), vu de loin, il parait vraiment doré!
'Monte Cassino' double
Il a été le plus fulgurant, ici... ramené de Belgique, planté illico...il n'a pas reparu l'année suivante, hélas.... je lui avais pourtant choisi l'un des endroits les moins humides du jardin...
Il n's'appelait pas 'Stewba-all', c'était un aster blanc.... il était mon ido-ole, et ... pardon, je dérape... (c'est pour essayer de faire pleuvoir!)
Pauvre 'Golden Spray'. R.I.P....
'Golden Spray'
Bon. Je pense que  j'ai fait le tour... Quand je vous dis que j'aime beaucoup  les bruyéroides, vous pouvez me croire!
Il y en a d'autres, bien sûr, mais au niveau de la gamme de couleur, je crois que je vous ai montré à peu près tout.
Récapitulons.
Ils sont tous très beaux, et pas malades.
Peu de besoins en tuteurages et autres séances de pince-tiges, aussi.
Pour l'effet "bruyérisant", s'adresser à 'Schneegitter' de préférence.
Pour la bonne tenue et la durée, je vote 'Dan Zinger'.
Pour les couleurs vibrantes, 'Dan Zinger' toujours, et 'Blue Wonder'.
Pour les bouquets, tous sont très bien, mais Monte Casssino est le plus aérien.
Mais.
Globalement, ils ne durent pas très longtemps, chez moi, à moins de les déplacer, ou de les diviser, ou peut-être de mieux les nourrir? Je ne sais pas.
Et c'est pour ça que je vous pose sincèrement la question:
Que pensez-vous des bruyéroides???
Et en attendant le plaisir de vous lire, je vais aller faire mon petit tour de jardin, en  pensant très fort à vous tous! Beau et bon week-end à chacun! ;o)
'Monte Cassino' double

lundi 9 octobre 2017

Carpe florem ! (Aster de semis)

Un peu de philosophie de jardin, aujourd'hui, ça vous dit?
(c'est déjà mieux que la philosophie de cuisine, et ça ne fait pas grossir! ;o))...)
Non pas que je sois très encline à faire la philosophe comme les poules, je vous assure!
Mais c'est venu tout seul, en découvrant un matin qu'un joli bébé avait vu le jour, en cachette, dans un coin un peu négligé du  jardin, près du portail.
L'effet "bébé" chez les dames, vous connaissez?
L'inévitable " Oh qu'il est mignon!", "Areu-areu", etc, etc.
Pareil avec les bébés-fleurs.
Pas pu aller plus loin.
Trop mignon. Areu-areu.
Vu les photos de cet article, vous vous en doutez, c'est d'un bébé-aster qu'il s'agit!
Un bébé-aster de 35 cm de haut, pas plus, et couronné en son sommet d'une incroyable et très grande fleur aux nombreux et longs ligules, comme un bébé aux yeux dorés bordés de cils immenses...
Et une pâleur magnifique, presque blanche, juste un peu argentée. Je craaaaque!
Direction la maison, vite, il ne faudrait pas oublier de lui faire son album de naissance, à ce pitchou! Et clic et clic, la mitraillette entre en action.
le Pitchou et Aster laevis
Reste à lui donner un nom, à ce nouveau-né... (eh, faut bien donner un nom à ses photos pour s'y retrouver!).
Là, j'hésite.... 'Silver Star'? Ca fait très nom-de-poulain-américain, ça, non?
'Etoile des Neiges', peut-être... mais en version rock'n roll, alors. Ça fait plus d'jeun'ss, et ça me rappellera des souvenirs acrbatiques! ;o)).
Qu'en pensez-vous?
Le voilà donc né, mitraillé, baptisé.
La pression retombe, la curiosité, elle, refait surface. Mais d'où sort-il???
Il est juste à côté d'un des asters les plus élégants du jardin, Aster laevis. Vous le connaissez sûrement, soit directement soit par des sélections comme 'Calliope' ou 'Arcturus'.
C'est vrai qu'il y a comme un air de famille du côté des feuilles... mais pas du côté des fleurs. Du tout. Aster laevis se caractérise par sa légèreté et ses immenses tiges pourpres et sombres, ornées de lâches panicules de fleurs de taille moyenne, d'un bleu lavande azuré, et gracieusement arquées.
Etoile des Neiges-pa-pomm, pa-pomm ?
Rien à voir avec la raideur (par ailleurs appréciée!) de ce beau bébé bien droit et court sur pattes!
Pourtant, j'ai trouvé au fil des ans, quelques semis naturel d'Aster laevis. Juste quelques uns, pas d'envahissement, rassurez-vous. Et ils étaient tous bleu lavande, avec des tiges plus ou moins sombres.
Alors... de qui est cet enfant naturel lâchement abandonné sans papiers d'identité????
Un doute me vient.
Je ne sais pas si je vous en avais parlé, de l'aster Gris-Gris-du-Garage-de-la-Gare-de-Bourgoin? Aaarfff... Encore une histoire où mon bon cœur n'a pas vraiment été récompensé!
Je vous la fais (relativement) courte: il y a 10 ans environ, imaginez un terrain abandonné après passage des bulldozers, là où deux ans auparavant, trônait un vieux garage automobile.
Juste sur le trajet entre la gare (de Bourgoin), et le parking des travailleurs banlieusards.
Je passais donc devant deux fois par jour.
le fameux Gis-Gris-du-Garage-de-la-Gare de Bourgoin
Et cet automne-là, un brave petit aster (ou plutôt, un brave GRAND aster!), solitaire et malheureux, tentait fièrement de fleurir malgré tout, au beau milieu des ronces et des gravats. Tout droit, tout seul, d'une jolie couleur... entre le blanc, le bleu clair et le gris pâle, il hissait de son mieux ses (petites) fleurs tout en haut de son mètre 20. Avouez que c'était trop triste!
Au bout de quelques jours, je n'y tenais plus. Un soir, j'ai franchi la clôture-interdite du chantier-qui-n'existait-pas, et hop! Un de sauvé.
ou Silver Star ?
Replanté au jardin, et partagé avec une amie tout aussi compatissante, attendrie elle aussi par sa couleur inhabituelle. Ah ouiche.
Si chez moi il est resté assez sage (faut dire que je l'avais soigneusement encadré dans un pot-sans-fond), chez la copine, par contre, euh... il a pris ses aises, voyez? ;o)) Elle m'en reparle encore, du "gris-gris-du-garage-de-la-gare-de-Bourgoin", avec un drôle de petit regard en coin, quand on évoque quelque envahisseur à éviter soigneusement! ;o))
Il faut reconnaître que côté couleur, il y a comme un air de famille, non? Mais ni pour les feuilles, ni pour la taille des fleurs.
Tout ça pour vous dire que j'hésite à e réjouir de cette naissance inattendue.
Vous vous y connaissez, en bébé-asters, vous? S'ils font 35 cm de haut la première année, n'est-ce pas juste pour nous attendrir (on craque toutes, devant les bébés!), quitte à se transformer ensuite en ados terribles,façon grandes perches dégingandées d'un bon mètre cinquante????
Peut-on se fier à sa petite taille actuelle? Elle me plait bien, moi, cette taille-là!
Vous allez me dire qu'il suffit d'attendre un an pour le savoir... Vous attendez toujours sagement sans essayer de savoir, vous?
Essaie d’être zen, Zeph. Profite aujourd'hui de ce joli petit bébé attendrissant, et arrête de tirer des plans sur la comète, tu veux?
Après tout, à Chaumont, tu as bien vu des jardins éphémères, d'une esthétique très réussie, mais impossibles à conserver plus d'un an!!!!
Regardez celui-ci, le jardin des belles aux eaux dormantes ! Superbe! Des gros pots de rosiers dispersés ça et là au milieu d'un bassin, entourés d'autres pots de graminées. Les dits pots camouflés par une ceinture de brande de bruyère... Ah, au bout d'un an, elle doit avoir une drôle d'allure franchement pourave, la brande à moitié immergée! Et je ne vous raconte pas l’acrobatie, pour aller tailler ou désherber les rosiers!!! ;o))
Mais c'est bien joli, je le reconnais.
Va falloir que j'apprenne:
Carpe florem.
Profiter de mon joli petit aster cette année, et tant pis s'il se transforme en ado terrible l'an prochain.
Vous y arrivez, vous? ;o)

mercredi 5 juillet 2017

Un petit poisson, un petit oiseau....(Anthericum ramosum)

Vous connaissez la chanson....

Un petit poisson, un petit oiseau, s'aimaient d'amour tendre...

Eh bien, figurez-vous qu'une histoire similaire a dû se dérouler jadis au jardin d'Eden!
"Maman"? Gaura lindheimerii
"Papa" ? Narcissus Thalia
Imaginez un jeune et fringant narcisse nommé Thalia, resplendissant dans sa belle chemise amidonnée, ses fines gambettes habillées de vert sombre (très chic!), en Avril ...
...et une demoiselle Gaura, un rien frivole, parée d'une légère robe de bal constellée de milliers d'étoiles blanches... au mois de Juillet!
Une rencontre?
Tout aussi improbable, avouez-le, que celle d'un petit oiseau et d'un petit poisson!
Et pourtant...
Il a dû y avoir, il y a quelques milliers, voire quelques millions d'années, un printemps extrêêêêêmement tardif, et/ou un été invraiiiiiisemblablement précoce, pour que ces deux-là se rencontrent.
A moins que ce n'ait été (déjà???) une rencontre organisée ...genre ..."mythique"? ;o)))
C'est l'un ou l'autre. Forcément. Et il a dû s'en passer, des choses, ce jour-là!
Je ne vois pas d'autre explication!
Sinon comment justifier l'existence de ce magnifique jeune homme, et sa ressemblance avec ses deux "parents" putatifs? Délicieuses étoiles blanc pur comme la "maman", gambettes tout aussi vertes mais encore plus fines que celles du "papa".
Si ce n'est pas la beauté d'un enfant de l'amour, ça, qu'est-ce que c'est???? ;o))
Et on a de la chance: ce beau jeune homme s'est installé, devinez où? ... chez nous!
Oui, oui, c'est un enfant du pays! On l'appelle ici "la" phalangère rameuse alias Anthericum ramosum.
Mais c'est sûrement une erreur. D'ailleurs, ce n'est pas une "antherica ramosa", n'est-ce-pas?
Non, non, moi je vous le dis, c'est un mâle. Un phalanger rameux, ce serait plus juste.
Beau gosse, certes, mais un rien feignant, tout de même. Toutes proportions gardées! Disons qu'il n'a pas tout à fait hérité du caractère bosseur de sa maman-gaura, quoi.
Il tient plus de son père de ce côté-là.
Et même, la preuve que c'est un mâle, il n'a jamais pondu de bébés chez moi (pas comme sa maman!).
Il fleurit pile entre ses deux parents, de mai à Juillet. Ce n'est déjà pas mal!
Le seul "hic", avec ce jeune homme, c'est le risque de l'arracher au printemps... il vous fait une touffe de menues feuilles bien fines, qu'on prendrait facilement pour une graminée en train de s’installer en loucedé.
Vaut mieux laisser l'étiquette, moi je vous le conseille, en tous cas!
On connait souvent mieux sa cousine, la phalangère à fleurs de lys (Anthericum liliago). Ils se ressemblent beaucoup, mais comme son nom l’indique, le phalanger rameux (j'insiste! ;o...) a des tiges ramifiées, et non solitaires.
C'est ce qui lui donne ce côté léger, aérien, vaporeux même.
Et franchement, au jardin, c'est une bénédiction, les petits brouillards légers, vaporeux, et...blancs.
Rien de tel pour vous alléger le côté un peu mastoc de certaines hémérocalles, ou la raideur d'une touffe d'echinacea. Il ourlerait volontiers un joli rosier rose, aussi, je trouve.
Il se marie avec tout! Un vrai Don Juan. A l'automne, ce seront les fins asters ericoides qui joueront ce rôle, mais en ce moment, il est plus que bienvenu. Et bien moins chochotte que le gypsophile!
Entretien? Zéro.
Il aime les terres calcaires, en plus. Brave petit! Plutôt sèches que détrempées, mais apparemment il n'est pas trop regardant (sinon, il ne pousserait pas chez moi).
Sûr, je vais en installer quelques touffes dans le nouveau-massif-que j'aurais-dû-planter-ce-printemps-mais-j'ai-pas-pu-zut.
Ça me promet quelques joyeusetés, les premières années au moins, car c'est "liseron-land", ce massif-là! Si les deux se mélangent, comme c'est probable, ça va être délicat de les séparer, mais tant pis! Je m’entraînerai cet hiver, en remettant dans le droit chemin quelques pelotes de laine qui auraient joué avec les pattes de mes chats! (il y en a qui sont vicieuses, tout de même, des pelotes de laine!;o)...)
En fait, je vous en avais déjà un peu parlé il y a deux ans,  mais à l'époque ce n'était qu'un bébé (http://zephirine38.blogspot.fr/2015/07/a-voulaitent-bien-mais-pouvaitent-pas.html). Là, il a pris ses aises, et je ne me lasse pas d'admirer sa prestance.
Car il se tient très bien! Il se hausse du faux-col jusqu'à un bon 70cm... et il y reste!
Aucun risque de masse esclafouérée et informe au moindre souffle de vent ou après une ondée.
Remarquez, ça ressemble à quoi, une "ondée"? Me souviens plus vraiment.... ;o(
Bref, je l'aime vraiment beaucoup, mon beau phalanger rameux. Et vous?
Sur ce, faut que j'aille donner à manger à mes poissons, et que je dise bonjour à mes petits oiseaux. Surtout la merlette, qui semble me garder rancune d'avoir chapeauté mon griottier d'une moustiquaire le mois dernier...
Faut que je les surveille, en plus, maintenant! Ils seraient capables, eux aussi, de me faire des "poizeaux" ou des "zoissons"!!! ;o))

samedi 24 juin 2017

Un caméléon dans mon jardin ! (Hydrangea Rotschwanz)

D'accord, cette première photo ne ressemble pas vraiment à un caméléon, je vous l'accorde. Mais attendez la suite!
Vous l'aurez peut-être reconnu tout de suite, avec ses pétales twistés comme les pales d'un gros hélicoptère rouge.. eh oui, c'est bien l'Hydrangea 'Rotschwanz'!
Rien de particulier jusque là.
C'est à dire, jusqu'à l'été 2015. Un brave petit Rotschwanz, un peu empoté certes, mais pour la bonne cause, puisque ma terre calcaire risquerait fort de lui être fatale.
Je l'aime particulièrement quand il ouvre ses minuscules fleurs fertiles blanches, comme un petit napperon de dentelle un peu rétro, au centre de ce beau rouge profond qui le caractérise.
Mais ça a commencé à devenir bizarre l'été dernier.
J'ai bien vu apparaître les traditionnels hélicoptères rouges, mais ....tiens donc... deux branches bien costaudes et bien en vue sur le devant ont ouvert... des têtes plates, certes, mais pas hélicoptérées du tout, et ... roses!
Etrange.... une mutation?
Vous vous souvenez du petit nain Grincheux de Blanche Neige?  "Qui diable a mis de l'ordre dans mon beau désordre?" ...ou l'inverse, je ne sais plus... ;o))
Ben oui, il y a un Grincheux qui sommeille dans tout jardinier, j'en suis convaincue. Un petit nain qui se réveille sans prévenir quand Mère Nature se mêle de modifier, derrière son dos, le savant ordonnancement de Son-Beau-Jardin!
Ne me dites pas que vous n'en avez pas un, vous, de Grincheux, qui sommeille à l'intérieur de vous et à l'insu de votre plein gré? Avouez!
J'avais le choix entre les ratiboiser tout drett, ces pique-assiettes-plates, histoire de conserver le bon ordre sacro-saint sur la terrasse ... ou voir venir.
En l'occurrence, ma flemmingite chronique (aggravée par un problème de temps tout aussi chronique!) a réussi à refréner ma grincheusite première, et vous vous en doutez, c'est la deuxième solution, dite "de facilité", qui l'a emporté! o).
Bah, on verra ça l'année prochaine!
Ah ouiche!
Sauf que... Cette année, le problème du temps (celui des horloges et celui du ciel) ne s'est pas arrangé.
J'attendais la floraison pour être sûre de ne prélever que les branches-coucou habillées par Barbie. Les couper? Déterrer si possible les pousses roses, pour  faire le bonheur d'un autre jardinier? Point de décision encore prise...
Arrive la mi-juin. Je guettais l'ouverture des coucous pour enfin sévir....
Ah...les voilà. on attend encore un peu, certaines fleurs tardent à s'ouvrir... et un beau matin. que vois-je?
Vous croyez que Mère Nature a le sens de l'humour?
La fleur qui s'est ouverte m'a laissée bouche bée.
Une tête plate en hélicoptère rouge? Que nenni.
Une tête plate plus classique mais très rose? Pas davantage!
Eh oui, vous avez bien vu: une tête ronde, cette fois, et...blanche!!!!
Mais c'est... c'est... du Grand Nimporte Quoi!!!!
Grincheux s'est réveillé illico. Il est même allé chercher du renfort, son frère jumeau Coléreux (vous savez, celui qui a toujours de la fumée blanche qui lui sort par les oreilles o))...).
Et pis quoi encore????
On se fiche de moi?
Et c'est quoi, le programme pour 2018, hein?
Une tête au carré, noire cette fois?
On un champignon jaune, pourquoi pas? Grrrrr.....
Ou alors,j'ai un hydrangea "macronien". Il a cru que c'était la mode, de mélanger les genres!
Là, je vous le dis tout net, j'en perds mon latin, mon grec, mon or et mon tensia!
Vous avez déjà vu ça, vous?
Impossible de s'y retrouver dans la forêt de tiges enchevêtrées. Des semis? Des branches mutantes? Une copine farceuse? Elle aurait bien du mérite, à aller gratouiller dans ce pot, coincé entre une auge en pierre et une rambarde en fer forgé recouverte d'un épais lierre.
Vous y comprenez quelque chose?????Et puis, ça ne ressemble à rien, c't'affaire!

Je veux qu'on me rende mon Rotschwanz, moi!





Quelques jours plus tard... Le "vrai" Rotschwanz a ouvert plusieurs corolles, et l'intrus n°2, celui qui a la grosse tête, est devenu rose tendre!

dimanche 18 juin 2017

Elles ont vraiment du charme, les nanas, au jardin! (Salvia nana Curling Waves)

On a toujours besoin d'une petite nana, au jardin...n'est-ce pas, les garçons? ;o))
(Ce ne sont certes pas les filles qui me contrediront!)
Et si je vous disais que, ce printemps, j'ai découvert dans une foire aux plantes...une "super-nana"? J'en vois déjà qui ont les yeux qui frétillent!
Et qu'elle ondule comme une vague..
Encore plus alléchant, non?
Une super-nana, donc...une petite sauge, en fait!
Bien rustique, si j'en crois son fan-club... (je n'ai pas encore pu vérifier, ceci dit!).
 Mais surtout, d'un bleu... mais d'un bleu... à faire pâlir de jalousie mes aconits napel!
Un vrai bleu roi profond, qui pour une fois, est assez bien rendu par l'appareil photo!
On dirait qu'elle brille, avec ces reflets qui descendent le long de ses pétales.
En fait, c'est qu'elle est bicolore, bleu et banc. Mais on prend facilement la double petite langue blanche de chaque fleur pour un glaçage qui ferait étinceler ses pétales au soleil..
Vue de loin, ça lui fait des petits yeux coquins!
Chaque tige porte des épis, disposés un peu comme sur une tige de lavande, terminés par une grappe de fleurs émergeant d'un bouton globuleux, qui n'est pas sans rappeler celui d'un origan, je trouve.
Quant à son feuillage, il est sombre et presque purpurescent, surtout au printemps.Et  tout gaufré, presque velouté.
Oh, elle n'est pas bien haute! C'est juste une petite nana, quoi!
Dans les 30 ou 40 cm.
Même si je me suis laissé dire qu'elle pouvait aller plus haut, si on ne la pince pas dans la partie charnue et intime de son individu... (ses tiges, je veux dire, vous aurez tous compris!).
Mais qui oserait pincer une petite nana, non mais! ;o))
Son petit nom complet c'est Salvia nana 'Curling Waves'..les "vagues qui ondulent". Je n'ai pas très bien compris pourquoi, d'ailleurs.
Certes, elles étale ses tiges tout autour d'elle avant de redresser fièrement ses chandelles bleues, mais au point de les traiter de "vagues ondulantes", tout de même... c'est un peu exagéré!
L'autre truc sympa, avec cette petite nana, c'est qu'elle vous en met plein la vue tout l'été, d'après ce que j'ai lu!
Et qu'elle ne craint pas le sec, aussi!
A ranger au rayon des geranium type Rozanne, erigeron karvinskianus et autres gauras, donc. Pas si mal, pour une petite nana!
Et si vous êtes fana des potées, elle aussi, figurez-vous!
Tout pour plaire, je vous dis!
Et même, si vous êtes un (ou une) incorigible"florophage", les fleurs peuvent décorer la salade, puisqu'elles sont comestibles!
Elle est à croquer, je vous assure, cette petite nana! ;o))
C'est peut-être ma découverte préférée cette année! La connaissez-vous?
Il y a juste un truc qui m'inquiète...
Avec les nanas, on n'est jamais sûr...
Tiendra-t-elle ses promesses, cette super-nana, une fois la lune de miel de la première année passée? ;o)