mardi 20 octobre 2015

Mes trois petites reines d'octobre! (Galanthus reginae olgae)

Hé hé... Ce titre (volontairement) ambigu vous aurait-il fait craindre une nouvelle crise de Mamie-mania? Ah, cette pauvre Zeph, toujours gaga devant ses petites filles! ;o))
Eh bien non! Faut pas confondre trois petites princesses canadiennes (qui le sont d'ailleurs 365 jours par an) et trois petites reines de jardin qui, façon Proserpine, disparaissent sous terre une grande partie de l'année!!!!
Et oui, vous ne rêvez pas, il y a bien trois perce-neige en fleurs au jardin depuis quelques jours!
Le titre fait référence à leur nom, tout simplement: ce sont des Perce-neige de la Reine Olga, alias Galanthus reginae-olgae! (en hommage, je crois, à la grande duchesse Olga, une Romanov devenue reine de Grèce en épousant le roi Georges 1er)
J'avais beaucoup hésité avant de les inviter chez moi... Non que je sois encline à m'entourer de têtes couronnées, loin de là ! Et dans un jardin campagnard plus ou moins soigné, en plus, au lieu des jardins à la Française tout pomponnés auxquels elles doivent être habituées!...Mais je savais que ces altesses méditerranéennes étaient réputées quelque peu frileuses...alors leur faire faire un séjour, prolongé si possible, à quelques encablures du Mont Blanc, c'était un peu risqué!
Et puis, c'est qu'elles ne sont pas si faciles à dénicher, mes altesses! Celles-ci sont arrivées en avion (c'était le moins que je puisse faire!) depuis la Grande Bretagne où elles séjournaient quasi-incognito.
J'entends déjà les murmures: "Houla! Des Perce-Neige? Déjà??? Eh, tu exagères, on n'est pas pressés de retrouver l'hiver, nous!"
Mais je trouve quant à moi, qu'un perce-neige d'automne, c'est un messager du futur printemps!
La coupe de la Reine Olga, en ce qui me concerne, est toujours au moins à moitié pleine! ;o)
Et puis, elles sont si gracieuses, mes altesses balkaniques! Non? Ca change un peu des Asters et autres Chrysanthèmes! Des étoiles, des étoiles, toujours des étoiles! Quelques petites clochettes blanches, ça repose les yeux! ;o))
En fait, il faut savoir leur proposer une chambre d'hôtes à leur goût. A savoir: chez nous en tous cas, au soleil! Eh oui, en pays "froid", elles adorent se faire une petite bronzette, au contraire de leurs cousins des neiges (Galanthus nivalis), qui préfèrent protèger leur teint pâle sous l'ombrelle de quelque feuillu bienveillant.
Et il vaut mieux leur éviter les rhumes de pied, aussi. Sont fragiles des arpions, les têtes couronnées, le saviez-vous? ;o)
J'ai quand même un petit atout dans ma manche; on dit qu'elles préfèrent les terrains calcaires (ceci dit, rien ne les empêche de s'installer en terre légèrement acide, si j'en crois un jardinier qui les cultive en Bretagne!).
En fait, il y a 2 branches dans leur arbre généalogique: les petites Reines Olga de printemps,G. reginae-olgae ssp. vernalis, et mes petites Reines Olga d'automne ,G. reginae-olgae ssp. reginae-olgae. Il faut reconnaître que vu la ressemblance avec leurs cousins bien connus (avec leur fer à cheval vert, tout simple mais de bon goût, au bord des pétales internes), je ne vois pas trop l'intérêt de se compliquer la vie à cultiver la branche "printanière"!
A moins d'être un galanthophile atteint de collectionnite aiguë, bien sûr! Que Dieu nous en préserve! ;o))
Les différences morphologiques avec les nivalis?
Il y en a quand même, mais il faut être pinailleur en diable pour s'y arrêter: des feuilles qui sont très peu développées au moment de la floraison (2 ou 3 cm, à peine), et une rayure gris très pale au milieu des feuilles en question. Je n'ai pas eu le courage de sortir le microscope pour aller vérifier de près, mais on le devine sur la photo...une fois qu'on vous l'a dit!
Il faut que je confesse un crime de lèse-majesté: j'ai bien failli leur faire le coup des Romanov, et les enterrer sans tambours ni trompettes, avec un banc de 200 ou 300 kg installé ce printemps en guise de pierre tombale, !!!
Il faudra d'ailleurs que je le déplace de quelques cm un de ces jours, car je soupçonne que l'un des trois bulbes d'origine est resté coincé là-dessous! Histoire de récupérer l'altesse souterraine, avec mes plus plates excuses bien sûr! Mais j'attendrai d'avoir du renfort pour ça, car mon pauvre dos déjà malmené cet été proteste rien qu'à l'idée de soulever la bêêête! ;o(
Mes petites reines sont installées là depuis février 2013. Elles ont donc déjà survécu à deux hivers isérois, là, au pied de la façade sud de la  maison, protégées des déluges par une légère avancée du toit, et du rhume de pieds par une terre rapportée (moins lourde que mon argile habituelle), et en légère pente pour faciliter le drainage. Ça a l'air de bien leur plaire, n'empêche!
Moralité:
- les altesses ne savent pas toujours lire (les bouquins de jardin, en tous cas!)
- d'ailleurs elles poussent plutôt en altitude (normal pour des "altesses", non?),jusqu'à 1000m dans leur pays d'origine,
- elles acceptent sans rechigner de s'installer dans une modeste chaumière (et n'amènent pas leur accordéon pour dîner, rassurez-vous!)
Bref, de jolies petites reines sans façons, à vous retrouver royaliste chaque octobre venu.
Du coup,, vous avez vu? J'ai joué à la "paparazza", je vous les ai mitraillées sous toutes les coutures. Sauf sous les jupes, évidemment! Faut pas pousser! (quoique... ;o))...Des altesses royales... ça ne se fait pas! ;o))...)
Eh! N'allez pas me traiter de snob, avec mes perce-neige d'automne à particule! Il y a bien  des colchiques de printemps, des crocus d'automne (vos "chers" petits safrans), et des roses...de Noël ! ;o)))
Moi je dis: Vive la Reine Olga!

vendredi 2 octobre 2015

Début d'automne et souvenirs d'été...

Les nuits sont déjà fraîches, mais le jardin reverdi s'éclate, bien réveillé par l'eau du ciel enfin revenue après un été aussi sec qu'un hareng saur momifié... ;o)
Déjà les premières couleurs d'automne apparaissent...  et pas forcément dans le même ordre que d'habitude, avez-vous remarqué?
Dans la famille Viburnum, tout le monde est encore tout vert ou presque...Sauf... Viburnum plicatum 'St Keverne'! Ce n'est pas le plus rutilant, d'habitude, vu son emplacement, le pauvret: en limite des racines d'un immense charme aux racines tentaculaires, mais aussi protégé par son ombre bienfaisante. Mais il a décidé que cette année serait "son" année de gloire! Et le voilà qui s'empourpre comme une jeune fille timide! J'espère que cette "timidité" sera contagieuse et qu'elle déclenchera un concours de rougissement chez ses cousins, moins pressés! Son voisin, le petit Hydrangea paniculata nain 'Little Lime' s'est déjà laissé gagner par la rougeole de son voisin!
Le fusain ailé a aussi sorti ses beaux atours d'un fuchsia étincelant. Il faut en profiter, car généralement le spectacle est de courte durée!
Au rayon des Hydrangea, le beau Tokyo Delight me ravit chaque automne en se révulsant les pétales. Blancs à l'origine, ils sont devenus d'un superbe rouge cramoisi! C'est une valeur sûre, celui-là, l'un des plus florifères et le plus fidèle de mes macrophylla !
Un autre rutilant, à l'étage en dessous, a enfin trouvé "sa" place... c'est un Bergénia! Il a végété à plus-que-mi ombre pendant des années, fleurissant peu et gardant obstinément un vert presque déprimant 365 jours par an....jusqu'à ce que je le transfère, un peu par hasard, en bordure d'une murette, en plein soleil. Et là, miracle! Il s'est mis à fleurir sans vergogne en fin d'hiver, et à s'embraser chaque automne, pour mériter enfin son petit nom: Bergenia purpurascens. Alors si vous m'en croyez, mignonnes et mignons,  plantez vos autres Bergenia où vous voudrez, mais pas celui-là! Du soleil, vous dis-je, du soleil!!! D'autant qu'il est sobre comme un chameau!
Mais je ne voulais pas parler que de plantounes, aujourd'hui. On reste dans le jardin, mais pour une petite histoire plus...minérale et pourtant bien douce....
Tout est parti d'une expédition-baignade dans un étang voisin, cet été, avec mes trois petites filles: 7 ans et demi, 5 ans et demi (ça compte les "demi", à cet âge-là ;o))...) et 2 ans et demi.
L’aînée y avait fait connaissance d'une autre petite fille de son âge, et je les avais vues comploter au bord de l'eau jusqu'à l'heure du départ.
De retour à la maison, je m'affaire à tout ranger et à préparer le dîner....jusqu'à ce que j'aille les retrouver dans la "salle de jeu", une petite pièce donnant sur le jardin, et que je leur réserve pendant les vacances. Et là, paf! J'ai bien failli me retrouver par terre, en roulant sur un petit caillou rond et blanc, de 3 ou 4 cm de diamètre, incongru au milieu des joujoux et autres déguisements éparpillés tout autour!
Moi qui avais déjà du mal à tenir debout à cette période-là, j'ai failli laisser échapper un joli petit juron bien malsonnant! ;o)) Et en y regardant de plus près, j'ai constaté que la pièce était jonchée de plusieurs dizaines de petits cailloux du même acabit! Une vraie chausse-trappe à mamies!
Ni  une ni deux, je ramasse tous les coupables, en me demandant bien laquelle de mes trois petites princesses avait voulu jouer au Petit Poucet à mes dépens!
Arrive ma n° 2. La plus "territoriale", si j'ose dire. Et la voilà qui me regarde avec des yeux pleins de reproches!"T'as pas le droit! Ils  sont à Naëlle, les cailloux!' Naëlle, c'est l'ainée.
Un peu énervée par ma presque-chute, je me retourne à peine en marmonnant: "D'accord, mais les cailloux, pas dans la maison! Les cailloux, c'est dans le jardin seulement!".
Et je déverse ma moisson de cailloux  au bord de la plate-bande la plus proche.
Et de m'en retourner à ma cuisine. Deux minutes plus tard, un crépitement en provenance de la salle de jeu me fait sursauter. Je vais voir ce qui se passe... et je découvre ma n°2, les poings sur les hanches, toute fière devant la marée de cailloux qu'elle est allée récupérer... pour les déverser à nouveau à travers toute la pièce!
"C'est à Naelle!" répète-t-elle d'un ton convaincu.
Oooooohhhh... la mamie (peu patiente ce soir-là, je l'avoue) entreprend illico de re-ramasser ces maudits roulements à bille ambulants, tout en répétant d'un ton agacé que les cailloux sont interdits de maison, vu les dégâts qu'ils sont capables de faire sur une mamie branlante dans mon genre!
Et là, j'ai vu ma petite princesse s'effondrer en larmes, révoltée, en colère, ulcérée par cette mamie-qui-ne-comprend-rien-au-sens-de-la-propriété d'autrui!
Inutile de vous dire que mon agacement est tombé d'un coup. J'ai attrapé ma pauvre petite cendrillon (ou "caillouton"? ;o))...) en larmes, et qui se débattait comme un beau diable. J'ai eu beau la couvrir de bisous, rien n'y faisait.
Attirées par le bruit et les larmes, voilà les deux autres princesses qui rappliquent.
Explication générale. En fait, les cailloux, c'étaient les trésors amassés par la princesse n°1 avec sa copine-de-baignade, et qu'elle avait ramenés à la maison!
"Et qu'est-ce que tu voulais en faire, de ces cailloux?" demande la mamie étonnée.
"Ben, je voulais les emmener à la maison, comme souvenir!" clame, comme une évidence, la collectionneuse de cailloux.
La maison, c'est 8000 km plus loin, à Montreal. Ahhhh ouiche, j'imaginais la joie de la maman, déjà encombrée par les bagages de 4 personnes, à l'idée d'ajouter une belle collection de cailloux bien lourds dans les valises pleines à craquer! ;o))
Il a fallu improviser. Trouver un échappatoire. J'étais coupable de détournement de souvenirs, et ça, ça ne se fait pas, vous êtes d'accord? D'un autre côté, les cailloux transatlantiques, ça ne se fait pas trop non plus.
"Mais ce ne sont que de "bêtes" cailloux! Il y en a plein des comme ça, à Montreal! Ils n'ont rien de spécial! Tu aurais dû lui faire faire de "vrais" cailloux-souvenirs"!
"C'est quoi, des "vrais cailloux souvenirs?" demande ma n°2, larmes taries pour le coup, la curiosité en éveil.
"Attends, je vais te montrer, tu vas voir".
D'abord, j'attrape, au jardin, un de ces beaux et larges galets plats du Rhône, empêcheurs de bêcher-en-rond,que j'accumule au pied de mes arbres en vue d'une évacuation ultérieure... et ce n'est pas ce qui manque, au jardin, croyez-moi!
Puis je vais chercher un feutre noir, et j'explique.
"Pour qu'ils soient uniques, les cailloux, il faut qu'ils soient signés! Tu prends un caillou, tu fais un beau dessin dessus, ou tu mets un petit mot, et tu signes! Ça, c'est un caillou-souvenir, un vrai! Dommage que tu ne l'aies pas fait avec ta copine, c'était une bonne idée!
D'ailleurs, c'est même une super-idée! Et si vous m'en faisiez, à moi, des cailloux-souvenirs?
Comme ça, quand vous serez parties, mamie aura plein de jolis souvenirs dans son jardin! A chaque fois que je m'y promènerai, je penserai à vous, en les voyant!"
L'enthousiasme fut général. Ça nous a bien occupées, ce soir-là et le lendemain une bonne demi-journée!
Il a fallu aller récolter et sélectionner plein de cailloux adéquats, puis les décorer, les signer...  et aller les répartir dans le jardin, au bord des allées.
Mais  réflexion faite, la pluie risquait fort de délaver mes souvenirs. Ça, je ne  pouvais pas le permette, les filles non plus!
Alors j'ai proposé des cloches-à-souvenirs.
"C'est quoi, des cloches-à-souvenirs?"
Nous sommes donc allées chercher, à travers le jardin, les divers ustensiles en verre que j'utilise, à l'occasion, pour protéger quelques plantounes plus fragiles de trop de pluie et de froid : entonnoirs, saladiers, etc...
Et de rassembler les cailloux-souvenirs, par petits tas, ceux de l'une d'un côté, ceux de l'autre un peu plus loin, à des endroits stratégiques du jardin, et dûment chapeautés par leurs cloches protectrices!
On s'y est même reprises à deux fois, car j'avais oublié un détail important :la date!!! On a donc récupéré tous les cailloux-souvenirs, et au verso, chacune a recopié avec application, un "2015" dont j'avais fourni  le modèle!
Voilà pourquoi, si un jour vous vous aventurez dans le jardin-de-zeph, vous découvrirez peut-être, au détour d'une allée, un petit tas de cailloux bien protégés sous leur cloche, et décorés de magnifiques peintures rupestres dignes du plus pur néolithique!
Eh...on a le Lascaux qu'on peut! ;o))
Je me suis dit que, peut-être, cela donnerait des idées à d'autres mamans, ou d'autres mamies, pour d'autres vacances de princes ou de princesses?
Et puis finalement..  si je me faisais faire un caillou-souvenir par chacun des amis-jardiniers qui viennent s'aventurer dans mon jardin...ce serait peut-être une jolie idée, qu'en pensez-vous?
J'ai peut-être enfin trouvé une utilité aux galets du Rhône! Yes!!! Qui l'eut cru? ;o))