mardi 14 février 2017

De la galantherie, et encore de la galantherie! (Galanthus'Wasp' et 'Trumps')

J'espère que vous l'appréciez, la galantherie, au moins?
Parce que je vais vous en rebattre les yeux et les oreilles, mes pauvres amis!
Wasp
Diggory
Certes, quelques hellébores, bruyères, cyclamen, crocus et autres helléborines ont ouvert quelques timides corolles et après-midi (17° selon le tableau de bord de la zeph'car, vers 15h30!!!), mais les rois du jardin, en ce moment, ce sont incontestablement les perce-neige.
Avec ces journées vraiment printanières, ils font la course, entre eux, à qui ouvrira le plus vite ses jupettes!
Et ce soir, j'ai encore quelques petites beautés à vous présenter!
Regardez la photo du haut... et aussi celle de droite. C'est un perce-neige, certes. Taille fine, longues ailes légèrement repliées.... Si vous aviez à lui choisir un nom, vous l'appelleriez comment?
Le premier nom qui vous viendrait à l'esprit ne serait-il pas..."La Guêpe"?
Eh bien c'est son nom! "Wasp", en anglais.
Et si je vous mets à côté le joufflu Diggory que je vous montrais l'autre jour, qui osera encore soutenir que  tous les perce-neige se ressemblent? ;o)
N'est-elle pas fine et gracieuse, ma pette guêpe?
Trumps
Mais c'est pas tout, mais c'est pas tout!!!!
Le petit monde des galanthophiles est tombé en amour, il y a quelques années, quand sont apparus  les premiers perce-neige montrant de vraies taches vertes sur les pétales externes, comme sur les pétales internes (bon, en fait, ce sont tous des tépales, mais vous aurez compris). Il y a en a maintenant toute une série, de Trym à Trimming et à Trymposter, et j'en passe...
Trumps
Mais celui qui a semblé les rendre tous à moitié fous... porte un nom qui, finalement, n'était pas si bien choisi que ça, compte tenu de l'actualité récente....
Eh oui, il s'appelle... "Trumps", le pauvre... ;o))
Toute référence à une quelconque personnalité existant ou ayant existé n'est, heureusement, que purement fortuite!
Il a la réputation d'être bien vigoureux, ce qui ne gâte rien! Notre ami Laurent (qui semble avoir, lui aussi, eu le coup de foudre pour ce Trumps-là) nous le confirmait dans un commentaire du précédent article. Je dois dire que pour un seul bulbe planté l'an dernier, il a déjà montré sa bonne volonté: 4 pousses et pas moins de 3 fleurs!
Et j'adore, moi aussi, ses fières petites moustaches vertes!

Enfin, pour finir la petite série du jour, faut que je vous raconte un truc... quasiment un miracle, ou un signe qu'aurait voulu me faire le Dieu des Galanthophiles, je ne sais pas!
Premier chapitre:
Figurez-vous que, comme chaque année, il y a quelques semaines, j'ai  passé  une nouvelle commande de petits perce-neige (groupée avec les commandes des copines). Pour avoir le plaisir de la découverte, l'an prochain, bien sûr.
Oh, juste 3 ou 4, vu les prix pratiqués par les grands-bretons et autres belges!
Cette année, je me suis dit...bon, la zeph, sois raisonnable... tu en as déjà un certain nombre... et si tu te cantonnais aux espèces qui poussent le mieux chez toi?
Et quels perce-neige poussent mieux ici que nos braves petits perce-neige locaux, les Galanthus nivalis?
Donc, dans la foulée je me commande deux de ses petites fantaisies à lui:
- un nivalis poculiforme (pétales externes et pétales internes de même longueur)
- et une petite nouveauté rigolotte: un nivalis qui fait systématiquement 4 pétales extérieurs et 4 pétales intérieurs, au lieu de trois! "Quad", il s'appelle.
(ici: http://www.srgc.net/forum/index.php?action=dlattach;topic=12390.0;attach=460286;image)
Et flûte... quand je reçois la confirmation de ma commande:plus de Quad disponible!!! Raté! Bon, ben ce sera pour l'année prochaine, me disé-je pour me consoler...
Sauf que...
Deuxième chapitre.
Il y a 2 ans, à cette saison, je me suis pris un petit coup de folie. Je ne me souviens pas si je vous l'avais raconté  ou non...
Sur un coup de tête du vendredi, nous voilà parties, mon amie Ghislaine et moi, pour une virée un peu folle : le samedi matin, dès poltron-minet...hop! dans le TGV. Oui, oui. Direction: Lille! Depuis Lyon, 3h aller, et 3h retour le soir.
Un aller-retour éclair. Pourquoi? Ben pasque...à côté de Lille crèche un certain Thierry Delabroye, pépiniériste de son état, qui a (entre autres trésors) des hellébores à tomber par terre..sans parler des epimedium et autres heuchères.... Et que pas moyen de lui passer commande: fait pas de VPC, le Mossieu Delabroye en question... Et que ce week-end-là, c'était ses journées "Portes Ouvertes".
Alors ni une ni deux, nous voila parties chez les ch'tis.
Le rapport avec les perce-neige? Ben c'est que le Mossieu, il avait une invitée (juré: je ne le savais pas avant d'arriver sur place!). La dame en question s'appelle Arlette Dupont, venait de la Belgique toute proche, et que croyez-vous qu'elle vendit? .... des perce-neige bien sûr!
Pas de bol tout de même!;o))
Je n'ai pas été sage du tout ce jour-là. Trop de tentations pour une pauv'petite zeph sans défense!
Et parmi les petits trésors-pas-prévus ramenés de chez ladite Arlette, deux godets, pas très chers, étiquetés "Ballard Hybrids".
Ballard...Ballard...mais je connais ce nom-là!
Pour les hellébores (celles que je commande chez Ashwood sont issues des sélections d'Helen Ballard, avec des formes particulièrement rondes et régulières), et pour les asters (les Marie, Patricia et autres Helen Ballard bien connus)!
Eh bien, la dame Ballard (et son mari) se sont aussi bien amusés avec les perce-neige, figurez-vous. Et Dame Arlette vendait donc des perce-neige issus des sélections faites par la dame Ballard en question. Des semis, des bulbes multipliés, je ne sais pas trop...
Bref, des plantes, selon Dame Arlette, particulièrement vigoureuses, mais sans pedigree! A la fortune du pot (ou du godet, plutôt).J'en ai donc pris deux, pour voir...
L'an dernier, j'ai eu deux fleurs, une par godet...l'une bien haute, l'autre nettement plus basse. Normales.
Mais cette année....
Troisième et dernier chapitre.
J'y viens.
Il y a quelques jours, en faisant ma tournée des perce-neige du jardin (quasiment un rite!), je vais donc rendre visite à mes "Ballard Hybrids". Oh surprise, que trouvé-je? Trois fleurs ouvertes issues de la plus haute des plantes de l'an dernier...
- une "normale"...
- une "fofolle" avec deux pétales surnuméraires, rayés de vert, et accrochés tout en haut de l'ovaire!
- et surtout... un super-"Quad"!!! J'ai eu beau les compter et les re-compter:il y en a bien 4 externes, et 4 internes!!! Et en plus, la plante est bien deux fois plus haute, et la fleur deux fois plus grande, qu'un nivalis!!!
Un "Quad" de compétition!!!! Elle est pas belle,la vie, comme dirait Jackie? ;o))
Juste quand j'essaie de me trouver un "Quad", et que je ne peux pas! Si ce n'est pas un signe du Dieu des Galanthophiles, ça, qu'est-ce que c'est???
Reste à voir s'il récidivera chaque année... rien n'est garanti! Mais en tous cas, c'est le plus beau lot de consolation que j'aie jamais reçu!

Et puisqu'on a commencé cette promenade galanthe avec une "guêpe", pourquoi ne pas la terminer avec une autre butineuse? Regardez qui j'ai surpris, cet après-midi en train de soulever, elle aussi, les jupes de mes Galanthus melvillei? ;o) Avec ses sacs à pollen tout gonflés de cettte poudre orange qu'elle est allée chercher au coeur de mes petites galantheries...

Bonne Saint Valentin à toutes les petites abeilles et à tous les petits bourdons!






mercredi 8 février 2017

Le retour de la galantherie (Galanthus 'Godfrey Owen')

Non, non, ne rêvez pas, mesdames...Point de faute d'orthographe : il y a belle lurette que courbettes et baise-mains sont tombés aux oubliettes! ;o))  (hélas? )
Je parle de mes petites Galanthes, mes jolis perce-neige  bien sûr.
Ceux qui enchantent mes promenades quotidiennes au jardin en ces longs mois de fin d'hiver. Les petits soleils du jardin de février (ou plutôt,les petites lunes, vu leur couleur).
'Diggory' en 2016
Car Février a beau être, sur le papier, le mois le plus court de l'année, moi je trouve que c'est le plus long! Pas vous?
Cette année, le petit monde de la Galantherie est un peu tourneboulé! Les précoces sont en retard, et les tardifs se sont réveillés de bonne heure!
Par contre, ce qui est sûr, c'est que les 12 mois écoulés ont été plus que bénéfiques à ces petits bulbes! Je n'ai jamais vu autant de jeunes pousses proliférer autour d'eux!
Tenez, par exemple...vous vous souvenez du beau 'Diggory'? Une belle et ronde clochette, en forme de boule, avec de beaux pétales tout gaufrés? Celui-là, là, à gauche, tel qu'il était l'an dernier: une pousse fleurie, et  une petite pousse latérale en guise de promesse. Je m'attendais à 2 fleurs cette année!
Eh bien, c'est lui, le même pareil, qui illustre ce petit bout d'article en haut de la page! Quatre belles poussses (plus deux petites) et pas moins de 6 fleurs en préparation, issues des quatre pousses principales!!!!
'Godfrey Owen'
Ah, elle a bien "pondu", ma petite galanthe en forme de poire!
Mais je suis surtout venue vous présenter  une des nouveautés de cette année (il y en aura d'autres!).

Il s'appelle 'Godfrey Owen', et il est, je crois, unique en son genre!

C'est un précoce, bien sûr, mais surtout, il a une particularité, regardez...

C'est le seul à avoir SIX pétales externes, et SIX pétales internes!

Ce n'est pas un "poculiforme" (ceux dont les pétales internes sont aussi longs que les externes, ce qui donne l'illusion d'un perce-neige à 6 pétales).
Ce n'est pas un "double" non plus: ils n'ont que 3 pétales externes, et une mulitude de petits pétales internes qui leur donne cet air joufflu.

'Dionysus' vu de dessous
'Godfrey Owen' vu de dessous
Tenez, par exemple: à gauche, les petits dessous de 'Dionysus', un vrai double... et à droite, ceux du beau Godfrey!
Interessant, vous ne trouvez pas?

Autre bizarrerie galanthe: 'Anglesey Abbey'. C'est l'un de mes farfelus...
Suivant les fleurs, soit il vous sort trois pétales externes, comme tout le monde... soit il s'en rajoute un petit quatrième (voire, exceptionnellement, un cinquième)!
Soit il a des marques vertes, en bon nivalis qu'il est, soit il n'en a pas..ou très peu!
Il peut aussi jouer les poculiformes, parfois, avec des pétales internes aussi longs que les externes!
Ou un mélange de tout ça!
'Anglesey Abbey' en 2016
Du coup, chaque fleur est une découverte, et je me les guette avec gourmandise...
L'an dernier, il avait été sage. Très sage... Trop sage à mon goût, même!
'Anglesey Abbey' cette année
Mais cette année,sa première fleur ouverte m'a fait un petit clin d'oeil!
Un quatrième petit pétale externe, encore timide, mais bien présent! J'en suis restée tout sourire...

Voilà... c'est tout pour aujourd'hui!
Je voulais juste vous faire partager tout le plaisir qu'il y a, en ces temps de maigre jardinage, à voir fleurir au jardin, sans demander aucun soin, ces braves petites clochettes avec leurs formes et taches variées, ce qui fait de chaque sortie, même par temps gris et froid, un plaisir anticipé et une découverte.... il y en a tant de différents!

Je vous laisse en compagnie du petit Galanthus rizehensis, un pas-bien-haut, certes, mais très précoce, prolifique et acceptant avec bonne volonté l'absence de soleil, pourvu qu'il ait un peu de lumière... brave petit perce-neige...merci!

dimanche 28 août 2016

Tout vient à point...

Eh oui, tout vient à point... à qui sait attendre!
Ça vaut d'abord pour les articles de blog . Pardon pour ce long silence, mais j'ai été Mamie à plein temps pendant 5 semaines. Puis, de tristesse sans  doute, dans ma maison désertée par mes chers petits lutins, j'ai cassé ma margoulette, une fois de plus. Ah...ch'uis douée! Et la patte allongée, ce n'est pratique ni pour mitrailler les fleurs, ni pour écrire, croyez-moi!

Savoir attendre, ça vaut aussi pour nos chères plantounes! Je ne vous apprends rien. Et avec "celle-là", attendre, je n'ai fait que ça.
Alors...l'avez-vous reconnue, cette belle chandelle de cire sombre?
Dix ans que j'attends qu'elle s'allume! Chameau, va!
Bon, d'accord, les 4 premières années, c'est de ma faute: je l'avais gardée en pot.
Un pot assez profond, certes, mais un pot tout de même. Mauvaise idée! Qu'on se le dise, elle déteste ça!
La demoiselle a de grands pieds. De très grands pieds même! Qu'elle a surtout fort longs, dans le sens de la hauteur.
Alors forcément, elle boude sans vergogne si on ne lui laisse pas mettre ses giga-doigts-de-pieds en éventail. Dans de la bonne terre bien riche, et de préférence bien fraîche.
Quoique. Une fois installée, parait-il, elle est sobre...comme un chameau, et se contente des pieds des arbres, même en cas de sécheresse estivale.
Mais pas au printemps, attention! Au printemps.. j'ose à peine le dire, mais... elle boit..
Alors vous pensez, cette année, elle a pu boire tout son saoul, l'ivrogne! Bar à volonté, l'aubaine!!!!
Le temps de déployer(en prenant tout son temps) de superbes feuilles en plissé soleil, d'un beau vert brillant, engainées les unes dans les autres, et joliment arrangées en étoile.
Enfin... Sauf si les "ventre-à-terre" s'en mêlent!
J'ai lu quelque part qu'elle n'aurait ni ennemis ni maladies. Euh... faut l'dire vite! Plusieurs années de suite, quand elle était en pot, je n'ai retrouvé que dentelles et trognons. Depuis qu'elle a enfin emménagé dans un joli massif à son goût et à mi-ombre, quasiment limace-proof, effectivement, je n'ai plus vu de trous-trous de mauvais goût.
A propos de mauvais goût, attention, quand même: la belle est vénéneuse, en plus. Des pieds à la tête, parait-il. Autant vous dire que je n'ai pas vérifié! Mais vu sa taille adulte (un bon mètre cinquante), quel jardinier digne de ce nom aurait l'idée saugrenue de la mettre en bordure, je vous le demande?
Bref, pendant  encore 5 ans, des feuilles, des feuilles et encore des feuilles. Jolies certes, mais le spectacle était un peu court, tout de même.
Il parait d'ailleurs que vu sa propension à l'adolescence tardive, les pépiniéristes ne la mettent en vente qu'au bout de 3 ans de culture... d'où sa relative rareté sur le marché!
Et puis, tout d'un coup, vers le début juin, elle s'est mise à lancer vers le haut un petit plumeau de fines feuilles qui m'ont tiré l’œil... tiens, tiens, on dirait qu'il se passe quelque chose...
(Notons au passage une brève attaque de pucerons noirs, que la belle a traités avec le plus souverain mépris. Et son petit goût de cigüe a eu vite fait de faire disparaître les intrus! Ça leur apprendra la curiosité et la gourmandise, à ces sales bêtes! Ce sont des qualités pour les jardiniers, mais de gros défauts pour les mange-fleurs... faites passer le mot! ;o)))
Petit à petit, le plumeau a grandi (enfin..le manche du plumeau!). Puis, un peu comme on libère les baleines d'un parasol pour l'ouvrir, sont apparues des petites ramifications latérales, un peu timides, mais prometteuses!
Et c'est après le 14 Juillet que les fleurettes ont commencé à s'ouvrir vraiment.
Et ça valait la peine d'attendre! Une couleur d'hémérocalle lie de vin foncée... ou de lys martagon, tiens. Sauf que les martagon, j'ai essayé...rien à faire, dans mon argile humide!
Une couleur pas si courante au jardin donc, surtout perchée à 1,50 m!!!
Pas spectaculaire vue de loin, certes.
Comme toutes les fleurs sombres. Mais d'une certaine élégance, je dirais.
A vous mettre de la verticalité classieuse là où ça en manque parfois cruellement. Façon Veronicastrum, mais avec une couleur nettement plus franche.
Pour le moment, avec deux chandelles seulement, c'est un peu maigre, je vous l'accorde.
Mais au milieu des grosses boules de l'Hydrangea Bella Anna et des soucoupes de l'Echinacea White Spider,  j'imagine bien un beau bouquet bien fourni de verâtres... dans "quelques" années? ;o)
Quelle idée aussi de l'affubler d'un nom pareil!
Vérâtre. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, ça évoque immédiatement "marâtre", donc Cendrillon ou la méchante reine de Blanche-Neige. Pas vraiment sympa. Et "noir", en plus! Alors que la grande Gentiane, sa cousine, rien qu'à en parler, on a comme un petit goût d'apéro bien frais sur le bout de la langue. Ce n'est pas juste, avouez-le!
Le spectacle a duré au moins 4 semaines.
Depuis quelques jours, plus de pétales.
Mais finalement, j'ai bien fait de vous faire attendre, puisque je peux, de ce fait, vous montrer la suite!
De grosses graines bien vertes, en grappes lourdes, et malgré un petit côté "tour de Pise" (recherche de lumière?), les tiges ne flanchent pas, même sous le vent qui s'acharne parfois sur mon pauvre toit de colline.
Le feuillage, par contre, peut être sujet à de légers coups de soleil.
Dommage. Mais pas très visible, au ras du sol.
Bon. Je vous ai tout raconté, tout montré. Il faut dire qu'on n'en parle pas très souvent, de cette géante aux yeux noirs!
Certains d'entre vous l'ont-ils déjà apprivoisée?
Maintenant qu'elle a fini sa crise d'adolescence tardive, puis-je espérer qu'elle va s'étoffer dans les années à venir? Ou restera-telle ainsi, avec ses deux chandelles solitaires? Eut-il fallu en planter plusieurs pieds pour obtenir le bouquet dont je rêve? Car cela fait plusieurs années que le nombre de bouquet de feuilles (à défaut de fleurs) est resté bloqué à deux...
Eh... toutes les plantes ne se démultiplient pas. C'est parfois une bonne chose, certes (sinon, bonjour l'envahissement), mais dans ce cas précis, un peu plus d'opulence ne nuirait pas à l'ensemble!
Alors, que vous en semble, de ce bellâtre de Vérâtre? Le préférez-vous dans son bel habit vert de printemps, ou quand il brandit avec panache ses (fières) chandelles Renaissance? ;o)



jeudi 9 juin 2016

Les bons chausseurs "tendance" pour rosiers

Il faut bien le reconnaître: les rosiers ont de vilains pieds, pas toujours faciles à dissimuler.
Les boutiques spécialisées classiques (marques Nepeta, talons hauts mais vite avachis, et Geranium, bleus, rouges, voire roses et même blancs, élégants mais bateaux ) finissent par lasser, au bout d'un moment, je trouve.
Il est temps de réfléchir à diversifier leur placard à chaussures.
Voici quelques exemples moins courants, que j'ai dénichés pour vous en solde ou sur Internet!
Je me suis cantonnée aux souliers bas, même si j'adore (ou plutôt "adorais") les talons-aiguille! Je trouve que les souliers trop hauts ne vont pas si bien que ça aux rosiers: affublés de grosses bottes fourrées trop larges, ils forment une masse indistincte pas toujours très raffinée à mes yeux. Un petit soulier délicat, par contre, ça c'est la classe. ;o)

- le blanc, indémodable.
Une petite spirée naine de bonne tenue: Spiraea decumbens ssp. decumbens.

Rustique en diable, pas plus de 30 cm de haut, et fleurit (un bon mois) en même temps que les rosiers justement.
Le reste du temps? Un joli feuillage rond, vert clair, façon ancolie.
Ne laisse quasiment pas passer les mauvaises herbes (sauf les genres saute-ruisseau: boutons d'or et potentille rampante, hélas).
Drageonne un peu, s'étale, je dirais plutôt. Très raisonnablement.
Juste ce qu'il faut pour offrir des schlouks aux copines, facile à limiter si besoin (je n'ai pas eu à le faire en 9 ans), ne nécessite jamais d'intervention drastique.
C'est quand même mieux de lui couper ses fleurs fanées après floraison, un rien tristounes je l'admets. Un bon coup de taille-haie suffit, d'ailleurs, pas besoin de faire dans la dentelle malgré son petit nom (Spirée "White Lace" ou Dentelle Blanche) selon les anglophones).
Par contre, attention! Exigez bien la sous-marque "decumbens ssp. decumbens"! Elle a les talons moins hauts, donc plus confortables La marque de base, "decumbens" tout court, peut monter à 80cm je crois!

- du jaune, pour changer? Hypericum olympicum var. citrinum
Eh oui, pas de Géranium ni de Nepeta jaune (sauf govaniana, une chochotte de première qui refuse de s'acclimater chez moi).

Alors de petits souliers jaune citron bien frais, ça vous dit? Très tendance!
Excellent associé à un rosier à la belle robe pourpre, par exemple.
Un petit coussin hémisphérique de 20 cm de haut, couvert de fleurs en ce moment, et qui refleurit quelque peu l'été si on lui fait une bonne coupe après la floraison principale
Là encore, pas besoin de faire dans le chichiteux, à ratiboiser un peu comme les Iberis, redonner une forme c'est tout!
S'étale aussi, mais sous forme de coussin très régulier.
Au bout de 8 ans, la touffe d'origine fait 40 cm de diamètre ici.
Mais quelle floraison, en Juin! On ne voit plus le feuillage (bleu-vert façon glacier)!
Même les bestioles ont du mal à se frayer un chemin au milieu de cette forêt d'étamines géantes!
Ah, si. Comme tous les cuirs fins, il n'aime pas trop qu'on le fasse marcher dans l'eau trop longtemps!
A mettre plutôt au sec, voyez!

- du rose pâle, ou de la légèreté en boule : Gypsophila repens 'Rosa Schönheit'
Encore un soulier pour terrain plutôt sec: le gypsophile rampant.


Celui-là n'a rien de la chochoterie de son grand frère, le fameux 'Bristol Fairy' qui s'abouse comme une grande folle au moindre vent.
Lui forme un  dôme qui culmine à 40 cm en étirant gracieusement ses doigts de pied en éventail (environ 60 cm de diamètre l'été), et fleurit de mai à septembre, voire plus.
Ici je l'ai associé à une lavande, oui, mais avec des talons d'une hauteur assortie: Lavendula 'Folgate'
On connait la lavande naine foncée 'Munstead', presque violette. Mais on connait moins bien la douce 'Folgate' ("Embrassons-nous, Folgate!", comme dirait Labiche... ;o))...).
Une autre lavande "vraie" donc, très parfumée, en joli coussin qui culmine à 40 cm de haut, chez moi, en fleurs. Plutôt 15 à 20 cm une fois tondue. Le mélange des deux est ravissant, avec ces petits épis mauves qui pointent à travers la douceur sucrée du gypsophile.
Eh, on superpose bien les chaussettes, pourquoi pas les chaussures? ;o))

- un ravissant petit soulier  bleu-violet bien foncé: Salvia nemorosa 'Marcus'
Pour rosiers jaunes ou pastels, et même pour les pourpres ou les orangés si vous aimez les contrastes à la Helen Dillon.


C'est la plus petite pointure chez les nemorosa. Je les aime aussi beaucoup en "grandes pompes", d'ailleurs! Surtout la blanche 'Schneehuegel' (qui fleurit sans discontinuer et sans intervention jusqu'aux gelées, ici. Mais 60cm de hauteur, effet "bottines fourrées" garanti...).

Aussi pour les petons délicats, les 30 cm de haut de 'Marcus' font juste la bonne pointure. Il faut en prévoir pour deux ou trois pieds, d'ailleurs, car elle n'est pas plus large que haute.
Mais quelle belle couleur!
Mieux vaut la ratiboiser après la 1ère floraison, si vous voulez qu'elle refleurisse, par contre.
La mienne va déménager, car je trouve qu'elle sera bien plus belle au pied du merveilleusement parfumé 'Jude l'Obscur' qu'au pied de 'Gruss an Aachen', trop pâlot pour elle.
Au fait... vous avez déjà fait des boutures de Salvia nemorosa?
Pourriez-vous me dire quand et comment? Il faut dire que je commence à sentir ma crise de "bouturite" annuelle qui me démange. Un 9 Juin! Ca promet pour Juillet-Août! ;o))

Voilà! J'en ai encore d'autres, des jolies chaussures à rosiers, mais il faut bien que j'en garde quelques unes dans mon placard à malice, pour d'autres articles! ;o)
Et surtout, je compte sur vous pour me donner d'autres idées!
Ballerines, tongues (ou plutôt "gougounes" comme on dit au Québec! ;o))...) trotteurs, mocassins, comme vous voudrez! ;o)
Tenez: je viens de m'acheter un ravissant petit polyantha nommé 'Rosiériste Pajotin Chédanne' :(http://www.roses-anciennes-eve.com/epages/rosesanciennes.sf/fr_FR/?ObjectPath=/Shops/RAAE/Products/1197&ViewAction=ViewProductDetailImage&bla=2),
Lie de vin avec de petites mèches blanches. Histoire de réveiller une plate-bande encore trop pastel (une manie!). Pas très haut (60 à 80 cm m'a t-on dit). Il lui faut donc de tout petits chaussons!!!!
Et je suis si peu habitée aux couleurs fortes! Comment le chausser autrement qu'avec un Geranium vivace rose clair et rase-moquette, à votre avis???
Soyez compatissants, venez à ma rescousse!!! ;o)

lundi 6 juin 2016

Les boules décoratives pour jardin, vous aimez? (Allium cyrilli)

Non, non, rassurez-vous, je ne vais pas vous "planter" sous le nez ces grands piquets de ferraille surmontés de boules de verre irisées de toutes les couleurs, qui font (ou faisaient en tous cas) fureur dans certains jardins de Flandres ou d'Allemagne.
Allium 'Mount Everest'
Euh... pas trop ma "Tasse Tee" ni ma "Bierglas" ces boules là! ;o)
Mais bon... ça ressemble un petit peu, quand même!
Origines du Sud-Ouest obligent, j'ai un faible pour l'ail... et les aulx!
Mais pas forcément les grosses boules.
Il y a quelques années, j'ai eu l'idée saugrenue, par exemple, d'implanter quelques bulbes d'un très gros ail blanc bien boulifère, appelé 'Mount Everest', dans un massif du jardin.
Ah, ils sont spectaculaires, certes! On les voit de loin!
Allium nigrum
Sauf que....à chaque fois que je les regarde, de loin justement, j'ai immanquablement l'impression d'avoir laissé monter à graines quelques monstrueux pissenlits géants, et j'ai le sécateur qui me démange! ;o))
Les grosses boules, décidément... non.
Mais...les cornets de glace, par contre... Oui, je sais, avec ce déluge qui nous tombe sur la tête depuis quelques semaines, les cornets de glace, ce n'est pas vraiment d'actualité. Mais vous avez de l'imagination, je le sais. Alors imaginez un mois de Juin "normal" , vous voulez bien? (en supposant que ça existe encore...)
Les "cornets de glace", disé-je. Des demi-boules surmontant un "cornet" de tiges disposées en éventail conique. Ça par contre, j'aime bien.
J'avais d'ailleurs été séduite par la version blanche, bien connue, alias Allium nigrum le mal nommé. J'en ai même mis à plusieurs endroits du jardin. D'ailleurs, pour ceux que cela intéresse, je signale qu'il est parfaitement à l'aise à mi-ombre, voire à l'ombre lumineuse, celui-là. Ca peut servir... ;o)
L'automne dernier, au cours de l'une de ces fêtes des plantes tentatrices en diable, je tombe donc en arrêt, langue pendante, devant l'image de ce que je pris alors pour un Allium nigrum... rose!
Même effet de "cornet de glace", mais d'un rose pâle ir-ré-sis-ti-ble pour une pastellomane dans mon genre.
Justement, mon petit Planteur de Brigaudière préféré me regardait faire avec son petit sourire en coin malicieux.
L'étiquette disait "Allium cyrilli".
Méfiance, méfiance...D'abord, certains aulx peuvent se révéler de vrais plaies (genre Allium sphaerocephalon, qui envahit certains coins du jardin depuis des années).
Et puis, sur l'étiquette, pas d'indication de hauteur de tige ni de diamètre du cornet de glace en question.
Renseignements pris auprès du malicieux pépiniériste déjà nommé, j'appris que cet ail-là se comportait effectivement comme un Allium nigrum rose.
Pas envahissant pour 2 sous, lent à multiplier, même. Hauteur "dans les 50-60 cm", diamètre 6 ou 7 cm.
Rustique? Oh oui! On le trouve de la Turquie à L'Italie, et même jusque dans le Vaucluse, chez nous!  Intéressant, non?
Sauf que. Cette année, bien sûr, entre  l'arrosage hyper-intensif de Dame Nature et le fait qu'ils ont été engraissés comme des oies avant d'être mis en vente, ils s'échelonnent entre le 80 et un bon 95 (et je ne parle pas de sous-vêtements, j'espère que c'est bien clair pour tout le monde! ;o))..), en fait de hauteur. Sera-ce le cas les années suivantes? A voir...
Mais quand même.... je les adore! J'aime bien cet échelonnement de hauteurs, même. Ça leur confère une certaine élégance, en plus de donner cet effet de verticalité que j'aime bien dans mes massifs tout en rondeurs, souvent.
Ne vous fiez pas à leur pâleur sur les photos prises d'un peu loin: ça manque de soleil par ici aussi, et les photos sont plus pâles que la réalité. Ils sont bien roses, mes cornets de glace, juré!
Même que, si d'aventure j'en retrouvais quelques-uns à l'automne, je crois bien que je m'en remettrais bien une petite dose... ou deux!
Avec une Mme Isaac Pereire ou un beau Charles de Mills, par exemple, tiens, ça pourrait le faire! Non?
J'ai peut-être des goûts douteux, mais les roses à l'ail, moi, ça me plait beaucoup... ;o)